HISTOIRE ET PATRIMOINE

Première école de chimie de France

Première école de chimie de France
Première école de chimie de France

L’École d’aujourd’hui trouve son origine en mars 1822, lorsque la municipalité de Mulhouse crée un cours de chimie appliquée accompagné d’un laboratoire d’enseignement, puis bientôt de recherche. Créé à la demande et avec la participation des industriels, cet ensemble se développe sous le contrôle de la Société Industrielle de Mulhouse pour donner naissance à la plus ancienne École de chimie en France. Dès les années 1850, sa réputation est bien établie.

 

De 1870 à 1915

Après la guerre franco-prussienne de 1870 et l’annexion de l’Alsace, et malgré la défiance de l’autorité allemande envers la Société Industrielle de Mulhouse jugée trop francophile, l’École de Chimie de Mulhouse connaît un développement spectaculaire et sa notoriété est alors mondiale. Formant des chimistes pour l’industrie textile, l’enseignement de haut niveau, porté successivement à trois puis quatre ans, inclut une formation à la recherche et plus de cent thèses y sont préparées entre 1880 et 1915, sous la direction d’Emilio Noelting.

Entre deux guerres

Fermée pendant la guerre de 1914-1918, l’École doit s’adapter à sa nouvelle situation créée par son retour en France et à l’évolution rapide de la science. Elle s’oriente vers la formation de chimistes généralistes ayant reçu une forte formation pratique, permettant une intégration rapide dans le monde industriel. Gérée par une fondation regroupant l’État, la ville et les collectivités concernées, elle est habilitée à délivrer le diplôme d’ingénieur dès la création de la commission du titre, mais ses diplômés recevaient déjà ce titre depuis 1919. En 1935, elle est la première école à introduire un enseignement de chimie macromoléculaire, suivi aussitôt d’un laboratoire.

Retour à Mulhouse après la guerre

Repliée à Lyon pendant la deuxième guerre mondiale, l’École reprend son activité à Mulhouse en 1945 et est assimilée aux ENSI en 1948. Reconstruite en 1965 sur le nouveau campus, elle continue son développement. Ses laboratoires de recherche très actifs sont alors à l’origine de la création du Centre de recherches textiles de Mulhouse et du laboratoire propre du CNRS devenu aujourd’hui l’IS2M (Institut de Science des Matériaux de Mulhouse).

De 1977 à nos jours, création de l’UHA

ENSCMu créée en 1822
ENSCMu créée en 1822

En 1977, l’École est nationalisée pour devenir une des composantes majeures de la nouvelle Université de Haute-Alsace. Cependant, lors de la mise en place de la loi sur l’enseignement supérieur, dite loi Savary de 1984, il apparaît qu’un Établissement Public ne saurait exister à l’intérieur d’un autre Établissement Public. L’École choisit alors de garder son autonomie en devenant un Établissement Public à Caractère Administratif rattaché par décrets à l’Université de Mulhouse. Ce statut perdure jusqu’au 1er novembre 2006, où sa réintégration à l’Université est réalisée conformément à la politique de redéfinition du paysage universitaire prônée par les autorités ministérielles. L’École de Chimie a ainsi rejoint l’Université qu’elle a contribué à créer et y apporte tout son rayonnement grâce à sa forte identité.

Consultez les archives historiques de l’ENSCMu

 

Musée des minéraux

ENSCMu - Musée minéralogie
©GregoryTachet

Depuis 1966, l’École de chimie de Mulhouse abrite entre ses murs le Musée de minéralogie de la Société Industrielle de Mulhouse, classé Musée de France.

Les minéraux présentés ont quatre sources différentes :

  • les minéraux récupérés après-guerre,
  • quelques échantillons de la collection minéralogique initiale de l’École de Chimie,
  • des minéraux obtenus (par achats ou dons) d’autres musées ou organismes nationaux,
  • de très nombreux minéraux achetés entre 1960 et 1966.

Les minéraux présentés sont de tailles très variables et pèsent de quelques dizaines de grammes à près de 40 Kg.

Leurs provenances sont diverses et représentatives des principaux sites ou pays réputés pour leur richesse minéralogique : Brésil, Madagascar, Afrique du sud (Namibie), USA, Roumanie, Suisse, Allemagne…

En revanche, peu d’échantillons locaux sont représentés. C’est essentiellement grâce à de nombreux dons que la collection a pu s’enrichir en minéraux locaux et français.